27.06.2008

La valse lente des tortues - Katherine Pancol

Allez, en ce moment, je vous conseille plein de livres pour vos vacances, je suis trop généreuse. Ah juste avant, une précision rapport à l’article d’hier. A un moment, j’ai appelé M. No Brosse, Ptit Dop… Oui, c’est la même personne, Ptit Dop, c’est un surnom que j’utilise dans la vraie vie quand je parle de lui car il est doux et qu’il sent bon. Donc à partir de maintenant, si je dois reparler de M. No Brosse, ce sera Ptit Dop et pi c’est tout.

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Revenons à nos tortues. Il s’agit de la suite des yeux jaunes du crocodile, livre que j’ai lu en décembre 2006 alors que tout le monde le découvrait en été 2007, je suis trop une percurseuse pour le coup. A l’époque, ma vie était un peu moche et ce livre m’avait un peu redonné le moral. Voici donc la suite, à un moment où ma vie est bien plus jolie mais c’est pas une raison pour bouder mon plaisir. On retrouve donc l’héroïne, Joséphine, ses deux filles, Hortense et Zoé, sa sœur Iris, son beau-frère Philippe, son petit ami le beau Luca…

Depuis la publication de son livre, Joséphine a donc plein de sous et emménage dans le XVIe, sous la pression de sa fille Hortense qui part aussi sec vivre à Londres. Là-bas, elle suit une école de stylisme et flirte plus ou moins avec Gary, le fils de leur ancienne voisine Shirley. C’est égalemtn là-bas que vivent Philippe et Alexandre qui ont laissé Iris dans une clinique psychiatrique.

Pendant ce temps, en France, Joséphine a du mal à retrouver l’inspiration. Un soir, en rentrant chez elle, elle se fait agresser et n’est sauvé que par un colis contenant les restes de son mari : un médaillon, une mèche de cheveux et un tennis.

Cette suite est riche puisqu’elle propose plusieurs histoires en parallèle : l’histoire du tueur en série du XVIe, les amours de Joséphine, le mystère des lettres de son mari qu’elle reçoit alors qu’il est censé être mort, les amours d’Hortense et Zoé, le retour d’Iris, les coups en douce de leur mère Henriette, le bonheur tout neuf de Marcel, l’ancien mari de leur mère et sa nouvelle compagne Josiane et de leu bébé Junior. Cette multiplication des histoires n’est pas gênante pour le récit même si on perd un peu la notion du temps : alors qu’il se passe plus d’une journée d’un côté, il se passe deux minutes de l’autre. L’intrigue policière est assez légère, l’identité du coupable n’est pas si surprenante même s’il y a des subtilités (enfin, je vais pas vous dire quoi non plus). Mais vu que ce n’est pas un roman policier, on s’en fiche un peu.

Alors, oui, je vous conseille ce livre que j’ai trouvé meilleur que le premier (alors que les suites hein…) avec une fin très surprenante. Ce n’est certes pas du Proust mais Pancol distille ça et là des expressions assez marrantes à lire, je trouve.

29.02.2008

Tokyo, c’est loin

Aujourd’hui, j’hésitais à vous parler littérature ou sexe mais comme il pleut, je choisis le premier thème. Me demandez pas le lien, j’en sais rien. Donc je vais vous parler du roman de Tania de Montaigne, Tokyo, c’est loin, un de mes cadeaux de Noël (oui ben quand on achète les bouquins compulsivement, la queue s’allonge et en plus, je les lis même pas dans l’ordre d’achat).

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Bon, je n’avais pas compris que c’était un roman assez girlie en le commandant, moi, j’ai vu Tokyo et un résumé alléchant qui est à peu près le suivant : « une femme quittée décide de partir en voyage à Tokyo pour se changer les idées et c’est le choc des cultures ». Alléchant, avouons le. Les 10 premières pages, je suis toute émoustillée. Et bien, tu vois, ce bouquin, c’est comme un mec qui embrasserait super bien mais qui serait totalement impuissant : c’est emballant au départ et à la fin, on a hâte que ça finisse. Bon voilà, on dira que j’ai atteint mon quota sexe de l’article.

Mlle de Montaigne a un style bien à elle fait de redondances. Elle commence les trois quarts de ses phrases par « toutes les trois minutes dans le monde, une femme… » et « ce que je sais ». Son grand jeu, c’est la répétition, c'est-à-dire qu’elle écrit une phrase courte. Elle la reprend dans la suivante en rajoutant une information. Elle reprend la deuxième phrase dans la troisième et y rajoute quelque chose. Donc en gros, sur 200 pages, il y a à peu près 50 pages d’inédit. Et en fait, l’inédit, je dirais que globalement, on s’en fout. Parce qu’il ne se passe rien ou presque et quand il se passe, on ne comprend rien. On ne sait pas si c’est de la métaphore ou non, on ne comprend pas le but de ce qu’il vient de se passer. En gros, Tania essaie de nous expliquer qu’une femme quittée (dans le monde, toutes les 3 minutes, une femme est quittée, nous explique-t-elle à longueur de roman, des fois qu’on ait une mémoire de poisson rouge) peut survivre. Ouais ben à 20- hum hum ans, je le savais déjà, tu vois. Et puis en plus, on ne voit quasiment pas le Japon, elle nous sort trois clichés (les hôtels capsules, les gens qui sont très polis et ordonnés…) et basta. Mais attends, Tokyo, c’est une des destinations over hype hypra pétassista, je rêverais d’y aller et je t’en ferais 20 romans.

Bon, pour ne pas dire que du mal, y a un truc qui m’a amusée, au milieu du roman, quand elle se moque un peu des manuels de langues, les « Ich spreche deutsch », « I speak english » ou « parlo italiano », c’est la manie de faire parler des personnages sur des trucs tellement anodins que ça fait peur. Genre quand Tobias, 20 ans, croit utile de dire à sa mère « maman, le chien aboie ! », « maman, le perroquet parle ! ». Je crois qu’on a eu le même manuel d’allemand. D’ailleurs, mes seuls souvenirs d’allemands sont sans doute ces petites phrases du genre « Allo Ich bin Theo, guten tag, Ich heisse Karl, Karl is eitel, Theo is schmutzig, tu bist dumm, nein, tu bist dumm, er ist dumm er is doff ! Sie ist schön ! ». Pour ceux qui ne connaissent pas l’allemand, en gros, ce sont deux chats qui se présentent puis se battant et s’arrêtent quand la chatte jolie arrive. Belle allégorie, ma foi. Bon, bref, ce passage dans le livre était marrant mais le reste, non.

Tu vois, je n’aime pas qu’on étire une expression dans tout un livre, ça m’a saoulée dans Blonde attitude avec l’autre qui métaphore sur le Brésil dès qu’il s’agit de parler sexe. Ben, là, Tania, elle fait ça tout le temps, tout le long du livre. Et c’est juste pas possible.

12.02.2008

Faut-il toujours avoir deux livres dans son sac ?

Scène vécue il y a peu. Je monte dans le métro et là, j’avise un beau gosse, assis de l’autre côté de la rangée. Il est en train de lire, j’ai également un livre à la main vu que le métro n’a pas eu la politesse d’arriver en même temps que moi sur le quai. Ce mec, c’est un peu le prototype de l’intellectuel sexy, celui qui arrive à nous stimuler la libido en parlant philo. Mais, là, y a comme un hic dans le tableau. Lui, il lit Umberto Eco. Moi Blonde attitude. Défaite de Pink Lady par chaos.

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Ce jour là, je m’en suis trop voulue de ma lecture de pétassista, surtout que moi aussi, j’en lis de la littérature italienne, des fois. Même que je me dis qu’il faudrait que je lise du Dante un jour quand même, historie de pas mourir idiote. Mais là, non, je suis prise en flagrant délit de lecture au ras du plancher. En plus pourquoi elles sont aussi flashy ces couvertures de roman girlie, tu m’expliques ? Ah, on me dit que ce serait pour m’attirer dans les rayons de la FNAC pour que je les achète. Ouais, bon, ok.

Alors voilà, Intellectuel sexy, il m’a regardé mais je pense qu’un mec qui lit Umberto Eco ne va pas flirter avec une pintade qui lit ce genre de romans, il va croire que je vais parler que de maquillage, beauté, chaussures, sacs, cheveux… Alors qu’en vrai, je peux aussi parler d’autre chose. Genre la dépression du lotus et son comportement suicidaire en milieu urbain. Or imaginons que dans mon gros sac où je balade la moitié de ma vie ou à peu près, j’ai deux livres : le girlie et un livre plus intello genre L’écume des jours ou le blé en herbes (quoi que j’ai pas aimé, celui là) ou n’importe quel bouquin de poche parce que bon, deux livres dans mon sac, ça prend de la place donc je vais pas crâner avec les Bienveillantes, par exemple. Bien que je sois tentée de lire Guerre et Paix pour de vrai…

Bref, en somme le livre est-il un objet de séduction ? Mais oui bien sûr, enfiiiiiiin. Une fois, un mec que je désirais de tout mon être et de tout mon string m’expliqua « tu vois, j’ai vu une fille super jolie dans le métro mais elle lisait du Bernard Werber et c’était mort ». Alors que je trouve que Bernard Werber, c’est un peu l’espoir de devenir écrivain en faisant des phrases aussi simples qu’un enfant de CE1, je l’ai trouvé dur, le gars. Mais on a beau dire qu’on ne juge pas un livre à sa couverture, voir ce que lit une personne est un indicatif intéressant. Même si la fille lisait peut-être Werber car c’est une étrangère qui commence à lire du français et a préféré commencer par du facile. Même si mon intellectuel lisait peut-être Umberto Eco car c’est un étudiant en littérature italienne et qu’il n’avait pas le choix. Surtout que j’ai pas vu le titre alors j’ai pas vu s’il le lisait en français ou en italien, j’ai juste vu en énorme « Umberto Eco ». Alors que s’il le faut, je lisais Blonde attitude dans le cadre d’une étude sociologique des romans girlie. Tiens, ça me plairait bien, d’ailleurs, ce serait marrant.

Mais bon, si je veux trouver un John-John, je dois mettre tous les atouts de mon côté, y compris mes lectures. Ah mais du coup, je rentre en conflit avec mon histoire de l’idiote... Conclusion : dans le métro, écoute ton i-pod.