12.02.2008

Faut-il toujours avoir deux livres dans son sac ?

Scène vécue il y a peu. Je monte dans le métro et là, j’avise un beau gosse, assis de l’autre côté de la rangée. Il est en train de lire, j’ai également un livre à la main vu que le métro n’a pas eu la politesse d’arriver en même temps que moi sur le quai. Ce mec, c’est un peu le prototype de l’intellectuel sexy, celui qui arrive à nous stimuler la libido en parlant philo. Mais, là, y a comme un hic dans le tableau. Lui, il lit Umberto Eco. Moi Blonde attitude. Défaite de Pink Lady par chaos.

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Ce jour là, je m’en suis trop voulue de ma lecture de pétassista, surtout que moi aussi, j’en lis de la littérature italienne, des fois. Même que je me dis qu’il faudrait que je lise du Dante un jour quand même, historie de pas mourir idiote. Mais là, non, je suis prise en flagrant délit de lecture au ras du plancher. En plus pourquoi elles sont aussi flashy ces couvertures de roman girlie, tu m’expliques ? Ah, on me dit que ce serait pour m’attirer dans les rayons de la FNAC pour que je les achète. Ouais, bon, ok.

Alors voilà, Intellectuel sexy, il m’a regardé mais je pense qu’un mec qui lit Umberto Eco ne va pas flirter avec une pintade qui lit ce genre de romans, il va croire que je vais parler que de maquillage, beauté, chaussures, sacs, cheveux… Alors qu’en vrai, je peux aussi parler d’autre chose. Genre la dépression du lotus et son comportement suicidaire en milieu urbain. Or imaginons que dans mon gros sac où je balade la moitié de ma vie ou à peu près, j’ai deux livres : le girlie et un livre plus intello genre L’écume des jours ou le blé en herbes (quoi que j’ai pas aimé, celui là) ou n’importe quel bouquin de poche parce que bon, deux livres dans mon sac, ça prend de la place donc je vais pas crâner avec les Bienveillantes, par exemple. Bien que je sois tentée de lire Guerre et Paix pour de vrai…

Bref, en somme le livre est-il un objet de séduction ? Mais oui bien sûr, enfiiiiiiin. Une fois, un mec que je désirais de tout mon être et de tout mon string m’expliqua « tu vois, j’ai vu une fille super jolie dans le métro mais elle lisait du Bernard Werber et c’était mort ». Alors que je trouve que Bernard Werber, c’est un peu l’espoir de devenir écrivain en faisant des phrases aussi simples qu’un enfant de CE1, je l’ai trouvé dur, le gars. Mais on a beau dire qu’on ne juge pas un livre à sa couverture, voir ce que lit une personne est un indicatif intéressant. Même si la fille lisait peut-être Werber car c’est une étrangère qui commence à lire du français et a préféré commencer par du facile. Même si mon intellectuel lisait peut-être Umberto Eco car c’est un étudiant en littérature italienne et qu’il n’avait pas le choix. Surtout que j’ai pas vu le titre alors j’ai pas vu s’il le lisait en français ou en italien, j’ai juste vu en énorme « Umberto Eco ». Alors que s’il le faut, je lisais Blonde attitude dans le cadre d’une étude sociologique des romans girlie. Tiens, ça me plairait bien, d’ailleurs, ce serait marrant.

Mais bon, si je veux trouver un John-John, je dois mettre tous les atouts de mon côté, y compris mes lectures. Ah mais du coup, je rentre en conflit avec mon histoire de l’idiote... Conclusion : dans le métro, écoute ton i-pod.