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23.01.2008
Celeste Garnier, épisode 7
Chapitre 3
Céleste avait un défaut majeur : le manque total de patience. A peine sortie de l’entretien, elle développa une nouvelle manie, celle de fixer son portable en espérant qu’il se mette à sonner. Elle continuait à ne tenir au courant qu’un petit noyau de proches mais ces derniers avaient droit à l’analyse en long, en large et en travers de la situation : « Non mais tu comprends, c’est pas comme si j’étais au chômage donc je peux ne pas avoir ce boulot. Mais c’est comme si on te mettait du caviar sous le nez pour te servir ensuite des œufs de lump, forcément, t’es déçu. ». Elle avait beau tenir de grands discours pour expliquer que ce ne serait pas la fin du monde si elle ne décrochait pas ce poste, elle pensait le contraire. Depuis cet entretien, elle détestait son emploi actuel, elle avait besoin d’en changer. Par ailleurs, si Fashion ne l’embauchait pas, elle se sentirait une moins que rien, une ratée, une incapable.
Le temps s’écoulait lentement. Surtout qu’elle était persuadée que ses collègues se doutaient de quelque chose, l’une d’elles lui ayant demandé en rigolant si elle revenait d’un entretien quand elle l’avait vue bien habillée. « Bah quoi, j’ai pas le droit d’être habillée chic ? » avait-elle répondu sur un ton aimable.
Pour passer le temps, elle multipliait les sorties. Avec Anaïs et Enzo, surtout. Le soir même de l’entretien, ils étaient allés fêter cette nouvelle étape dans le Marais, arrosant la nouvelle d’alcools divers et variés. Céleste essayait toujours de rester raisonnable dans sa consommation d’alcool mais se retrouvait vite embarquée à boire plus que de raison, ce qui, pour elle, signifiait plus d’un verre. Elle se retrouvait alors à sympathiser avec tout le monde, trouver les gens « hyper sympas » et à leur raconter leur vie. Ainsi, alors que certains de ses amis ne savaient même pas qu’elle avait été approché par Fashion, une bonne vingtaine d’inconnus croisés dans un bar, eux, étaient au courant. « Non mais tu vois, ce boulot, je le veux trop, trop trop et puis peut-être que je pourrai avoir plein de fringues gratuites et tout, un peu comme le Diable s’habille en Prada. Enfin, j’espère que j’aurai pas de boss vache, hein, hihi ! Mais je le veux trop ce boulot parce que le mien, il est pourri et je veux plus d’argent parce que je le mérite ! Puis Fashion, c’est tellement moi ! Je veux dire, je ne suis pas trop la mode mais j’adore la regarder ! ». Ce qui est bien avec l’alcool, c’est qu’on n’a à aucun moment conscience qu’on peut être pénible à radoter.
Par désoeuvrement et pour passer le temps, elle reprit contact avec Romain, son sex friend, comme on dit. Elle essayait de mettre un maximum de distance pour éviter de trop s’attacher, ce qu’il ne faut surtout pas faire avec un sex friend, c’est tacite. Elle avait beau être une femme en phase avec son temps, à savoir ne pas confondre sexe et sentiments, elle avait parfois du mal à tout gérer. A force de voir Romain à raison d’une fois par semaine pendant plusieurs mois, elle ne savait plus trop définir leur relation. Et s’il considérait qu’ils étaient en couple et avait omis de la prévenir ? Ne passerait-elle pas pour la pire des garces si elle fricotait avec d’autres hommes ? Mais s’il ne disait rien, elle ne pouvait pas deviner non plus. Romain n’était pas le meilleur amant qu’elle ait connu mais elle aimait bien discuter avec lui, ne serait-ce que parce qu’ils ne fréquentaient pas du tout le même milieu. Il avait un regard assez neuf sur sa situation. Quand elle lui avait parlé de Fashion, ça ne l’avait pas ému plus que ça, il n’avait pas été surexcité à l’idée qu’elle puisse un jour travailler avec Aurore Watremont, dans la mesure où il n’avait pas la moindre idée de son existence. Quand elle lui avait raconté son entretien, il s’était contenté d’un « c’est bien, je suis sûr que tu vas l’avoir », avant de lui sauter dessus.
Le temps passait. Pour ne pas se mettre la pression, elle avait décrété qu’elle n’aurait pas de réponse avant une bonne quinzaine de jours et essaya tant bien que mal d’oublier cet entretien. Après tout, elle avait du travail, il s’agissait de ne pas le saboter. En effet, depuis la réception du mail de Paul, elle avait un peu tendance à lâcher du lest, espérant très fort qu’elle était en train de vivre ses derniers instants dans son actuelle entreprise. Parfois, elle culpabilisait un peu, telle une femme infidèle, car elle ne pouvait nier qu’au départ, elle avait apprécié ce travail. Sa patronne lui avait appris pas mal de choses mais elle sentait qu’elle était arrivée au bout de sa mission. Surtout, elle était assise à côté d’un collègue qu’elle avait du mal à supporter tant il était bruyant, suffisant et glandeur. Il était particulièrement fort pour déléguer et pour jouer l’inspecteur des travaux finis mais elle se demandait parfois ce qu’il lui restait à faire quand il avait distribué tout son travail aux autres. A moins que sa mission soit « animateur musical de l’open space ». En la matière, il excellait, sauf qu’il n’écoutait pas forcément les mêmes choses qu’elle. Et entendre la même chanson tous les jours et même trois fois par jour, ça devenait vite lassant.
Mais tant qu’elle n’avait pas la garantie de changer d’entreprise, elle ne devait pas trop se relâcher. Parce que si elle pouvait éviter une remontée de bretelles pour travail bâclé, ça l’empêcherait de stresser davantage.
16:55 Publié dans Ceci est mon blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : céleste garnier, travail, entretien, open space, fête, sex friend, fashion





Commentaires
coucou! pour repondre a ton sondage sur les aventures de celeste, n'arrete pas! je viens regulierement sur ton blog voir si la suite est parue, donc j'adore! voili, voilou, ben j'aime bien le reste du blog aussi bien sur, c'est frais, drole et tout! continue! bisous
Ecrit par : brenda | 30.01.2008
Ah zut, je doute, maintenant. A la limite, je vais peut-être ouvrir un blog parallèle pour y mettre la suite mais faut déjà que je l'écrive.
Ecrit par : PinkLady | 30.01.2008
Je viens de tout lire d'une traite ; c'est gééééénial.
Mais y'a pas de suite ? Ah pardon c'est pas encore écrit. C'est bien dommage.
=)
Ecrit par : Liza | 12.05.2008
Ben, j'ai arrêté de l'écrire, je m'y remettrai peut-être un jour mais j'avour que j'avais pas idée d'où j'allais...
Ecrit par : PinkLady | 13.05.2008
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